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La relation entre les aliments biologiques, les pesticides et la santé

Posted by on mars 6th, 2017 under General

Il existe de nombreuses raisons valables de choisir des produits cultivés biologiquement, la plus importante étant les conséquences néfastes de l’utilisation des substances chimiques synthétiques dans l’exploitation agricole conventionnelle sur notre santé.

 

Cela semble évident : des aliments cultivés sans substance chimique synthétique sont plus propres et donc plus sains. Il s’agit toutefois d’un sujet de désaccord majeur et permanent lors des échanges sur les aliments biologiques sur lequel la science n’a pas encore de conclusion définitive.

 

La relation entre les aliments biologiques, les pesticides et la santé | Nature's Path

 

Résidus de pesticides : un différend non résolu

Il y a un consensus entre la communauté scientifique, l’EPA (agence fédérale responsable de réglementer l’utilisation des pesticides) et les groupes de défense des consommateurs concernant les résidus de pesticides dans les aliments conventionnels : ils existent. Les torts que peut causer leur consommation pour la santé constituent un sujet de désaccord faisant souvent l’objet de débats entre les différents groupes d’intérêts.

 

Pourquoi est-ce si difficile d’évaluer les risques que présentent les résidus de pesticides dans les aliments pour la santé? Tout d’abord, peu de scientifiques s’interrogent sur la question. Il peut s’avérer difficile d’obtenir des fonds pour une nouvelle recherche en raison des nombreux risques que présentent les résidus de pesticides pour la santé, contrairement à une maladie spécifique. Les études sur les conséquences sur la santé sont également plus efficaces lorsqu’elles sont effectuées sur un large éventail et à long terme, ajoutant ainsi un obstacle supplémentaire au financement de celles-ci.

 

Deuxièmement, l’incidence des résidus de pesticides sur la santé est difficile à évaluer :

  • Il existe plusieurs catégories de pesticides synthétiques dont les combinaisons et les proportions peuvent varier selon les cultures à vaporiser.
  • Chaque composé chimique a des effets uniques sur le corps humain.
  • L’âge, la fréquence et la durée de l’exposition peuvent modifier l’incidence globale des résidus de pesticides sur la santé d’une personne.

Il faudra beaucoup plus de recherches pour déterminer les risques à long terme des résidus de pesticides sur la santé.

 

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Recherche d’un lien

Probablement les recherches les plus ambitieuses jamais menées sur l’exposition diététique aux pesticides ont été menées par la Dre Cynthia Curl de l’université d’État de Boise. Alors qu’elle achevait son doctorat à l’université d’État de Washington, la Dre Curl a mené une étude comparative de régimes alimentaires, l’un à base d’aliments biologiques et l’autre à base d’aliments conventionnels, afin de tester la présence de résidus d’OP (composés organophosphorés, une classe de pesticides chimiques particulièrement dangereuse) dans l’urine des participants.

 

Les résultats ont confirmé ceux d’études antérieures menées par la Dre Curl et d’autres chercheurs : la consommation de produits conventionnels entraîne des niveaux d’OP relativement supérieurs dans le corps. Ils ont également permis d’établir que les données autodéclarées de consommation de produits combinées aux données générées par l’USDA sur les risques relatifs à la présence de pesticides dans les fruits et légumes s’avèrent un indicateur précis des niveaux d’OP dans l’urine. Cela dit, Curl et son équipe ont démontré que les résidus présents dans l’urine concordaient régulièrement avec leurs prédictions grâce à des ensembles de données plus faciles à rassembler. Les chercheurs seront désormais en mesure d’étudier les incidences des résidus d’OP sur la santé à partir des régimes alimentaires d’un plus grand nombre de participants sur une plus longue période puisqu’ils n’auront plus besoin de collecter et de traiter des échantillons biologiques. On ouvre ainsi la porte à des études qui font actuellement défaut sur les incidences de l’exposition par le régime alimentaire aux pesticides sur notre corps.

 

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Exposition aux pesticides : ce que nous savons

La plupart des recherches sur les risques associés à l’utilisation des pesticides sur la santé portent sur l’exposition directe, soit le contact avec les composés chimiques lors des activités professionnelles (notamment le travail agricole) ou l’exposition passive dans l’environnement (notamment pour les résidents demeurant près d’une ferme conventionnelle qui sont exposés aux pesticides par le vent).

 

Une exposition directe à long terme aux pesticides synthétiques est associée à des maladies comme le cancer et le Parkinson, ainsi qu’à des symptômes chroniques tels que la nausée, les maux de tête, les éruptions cutanées, voire la dépression et l’anxiété. Les enfants sont particulièrement à haut risque de développer des maladies chroniques ou des déficiences intellectuelles, en particulier lorsqu’ils sont exposés aux pesticides pendant la gestation.

 

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Choix sains

Il faut absolument limiter l’exposition directe aux pesticides. Bien que la plupart des gens n’habitent pas près d’une ferme conventionnelle, il est surprenant de constater le nombre de produits ménagers contenant des substances chimiques similaires à celles utilisées pour l’agriculture. Diminuez autant que possible le risque d’exposition en choisissant des produits biologiques pour votre pelouse et votre jardin. Lorsque vous le pouvez, utilisez des produits antiparasitaires non chimiques dans votre maison (y compris les produits tels que les insecticides et les produits contre les termites, ainsi que les vaporisateurs antifongiques et désinfectants).

Les aliments biologiques semblent le choix le plus sain, bien que les données (limitées) disponibles ne sont pas encore en mesure de confirmer ou d’infirmer cette préférence. Si, comme la plupart des gens, vous n’êtes pas nécessairement en mesure de seulement manger bio, soit en raison de votre budget ou de la disponibilité des produits, la Dre Curl suggère d’utiliser les listes Dirty Dozen et Clean Fifteen de l’EWG (élaborées en partie à partir des mêmes données de l’USDA qu’elle a utilisées dans le cadre de son étude) afin de favoriser des choix éclairés.

 

 

Biographie de l’auteure

Sarah West a commencé à travailler sur des petites fermes et pour des systèmes de production alimentaire locaux en 2008. Elle a fait ses débuts sur une ferme de production d’ail biologique du nord-est de l’Oregon, où elle s’occupait d’enlever les mauvaises herbes, puis elle est devenue gérante d’un marché fermier florissant à Portland. Pendant son parcours, elle a obtenu le grade d’associée en horticulture et a exploité sa propre petite ferme, c’est pourquoi elle sait à quel point il peut être difficile de vivre de l’agriculture biologique. Elle et son mari vivent actuellement dans les contreforts des monts Wallowa, dans le nord-est de l’Oregon, où ils ont récemment acheté un lopin de terre sur la même route où se trouve la ferme de production d’ail, où tout a commencé.